Incitation fiscale à Madagascar
Publié dans Economie
Tapez « incitation fiscale à madagascar » dans le célèbre moteur de recherche que l’on ne nommera plus. Résultat des courses ? Tout le monde se gargarise de vouloir « inciter les investissements » dans la Grande Ile mais dans les faits ?
Dans les faits, il n’y a rien qui soit effectivement fait pour inciter les investisseurs, les opérateurs économiques et autres chefs d’entreprise. A Madagascar, l’administration fiscale n’a qu’un seul mot d’ordre : « Pompez leur le max d’oseille » aux entreprises inscrites dans la base de données. Vous osez produire un tant soit peu de valeur ajoutée ? Et allez donc, on y va joyeusement pour l’IRSA, l’IR, la CNAPS, la TVA, l’AMIT, l’OSTIE et on en passe et des meilleures. On passera sur le coût de l’énergie qui doit certainement faire partie des plus chers au monde, des loyers qui deviennent prohibitifs : les coûts de production sont tirés de plus en plus vers le haut. Résultat des courses, la maigre valeur ajoutée que vous avez difficilement produite en tant qu’opérateur économique fondra comme neige au soleil sous la pression fiscale. Bref, on comprendra (sans pour autant les excuser) tous ces opérateurs informels qui n’ont pas d’autre choix … que de rester informel. Et constituant au passage une forme de concurrence déloyale pour ceux qui ont fait le choix d’être déclaré. Qui au passage n’ont plus d’autre choix… que de sous-facturer.
« Incitation fiscale à Madagascar » donc, concrètement, cela donnerait quoi par exemple ? Pourquoi ne pas s’inspirer de ce qui se fait ailleurs ? Ailleurs où justement les exonérations fiscales et sociales en tout genre pendant les premiers exercices des nouvelles entreprises ne manquent pas et ce justement afin d’inciter la création de nouvelles entreprises. Le statut d’auto-entrepreneur en France par exemple, avec formalités et charges réduites au maximum, pourquoi ne pas s’en inspirer ? Si en France il se crée 300 000 entreprises par an, à Madagascar il ne s’en crée que.. disons 1500 à tout casser ? La fiscalité malgache semble se satisfaire de la ponction opérée sur les grandes entreprises, 80% de l’assiette fiscale se faisant sur les banques, grandes industries (ou ce qu’il en reste), opérateurs tics, etc. Et à aucun moment, personne ne semble vouloir se préoccuper du sort des petites PME/PMI voire même des petites entreprises individuelles. A partir de là, il est tout à fait normal que tout le monde se lance dans le « bizina » informel, ni vu ni connu, formant ainsi des petits ruisseaux qui échappent par conséquent aux grandes rivières du recouvrement fiscal. Autre problème, les grands opérateurs économiques ne peuvent pas à eux tout seul absorber toute cette masse et cette main d’oeuvre, qualifiée ou non. Ce sont les petites structures qui pourront le faire et ces petites structures ne rentreront jamais dans le circuit formel s’ils n’y trouvent pas un quelconque intérêt ainsi qu’une rentabilité substantielle. On ne va pas travailler non plus pour les beaux yeux de l’administration, le patriotisme a ses limites, limites qui s’appellent tout simplement « manger, boire et dormir sous un toit ».
On ne préconisera pas de « singer » systématiquement ce que fait « reny malala » : non, il y a simplement des solutions qui marchent bien ailleurs, il faut s’en inspirer et au besoin adapter au contexte malgache. Donc oui il faut « ponctionner » pour faire marcher la machine administrative. Mais il n’est pas interdit dans le même temps d’ « inciter » et d’ « encourager ». Pourquoi ne pas par exemple réduire la CNAPS de 50% pour tout nouvel embauche? Pourquoi ne pas proposer un abattement d’IR de 50% pour les entreprises nouvellement créés? Pourquoi ne pas proposer un allègement de l’IRSA pour tout employé dûment déclaré ? Pourquoi ne pas proposer des aides aux entreprises nouvelles ? etc. Pourquoi, pourquoi, pourquoi, ce ne sont pas les options qui manquent. Un investissement qui s’avèrera à moyen et long terme payant à tous les niveaux, que soit socialement ou économiquement parlant. Il n’y a pas de mystère, la carotte et le bâton, c’est comme ça que le monde marche. Dernier point que l’on ne doit pas oublier : l’investisseur et l’opérateur économique, s’ils ne sont pas un climat d’investissement qu’ils jugent propice et favorable, ils iront tout simplement voir et investir ailleurs, d’autres petits paradis (fiscaux?) seront toujours prêt à accueillir les grands bras ouverts les Y€$ sonnants et trébuchants. Et ce ne sont pas nos voisins mauriciens qui diront le contraire.
Commentaires
1 commentaire sur Incitation fiscale à Madagascar
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DGI le
ven, 3rd juil 2009 16:40
Avec le roi des fous et Benja aux commandes vous croyez qu’ils ont assez d’imagination pour vos incitations fiscales ?
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