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Panorama de la semaine
Andry Rajoelina semble acculé de partout. Après la mascarade de Bruxelles, la non-reconnaissance confirmée par la communauté internationale de la HAT porte un sacré coup au mouvement de l’ancien DJ. L’ancien maire d’Antananarivo semble d’ailleurs vouloir jeter les gants en déclarant de nouveau à la presse le 18 Juillet dernier qu’il ne se présentera pas aux élections présidentielles de Décembre 2009. Avant de rajouter dans un sursaut d’orgueil « … à condition que les anciens présidents en fassent de même ». Élections présidentielles qui semblent mal engagées pour se tenir à la fin de l’année car le parcours pour y arriver n’est pas celui du combattant mais tient plutôt de celui de Mission Impossible. Au niveau du financement, la non-reconnaissance de la HAT signifie la fermeture du robinet des financements et des aides à tous les niveaux. Autre étape qui s’annonce épineuse, le souhait du Président de la HAT de procéder à une consultation populaire (referendum) d’ici le mois de Septembre 2009 afin de valider la IVème Ruepublique incluant entre autre l’abaissement de l’âge du Président de la République à 35 ans, âge qui est le sien. Consultation risquée à tous les niveaux, avec (encore) le problème du financement, estimé à 7 milliards d’ariary par l’actuel ministre de l’intérieur de la HAT. Où trouver ce financement en cette période de vaches maigres ? Une fois trouvé, le résultat risque de ne pas être à la hauteur des espérances car comme le montre notre sondage, plus de 90% des internautes votent déjà non à ce référendum. A l’échelle nationale, le refus n’est donc pas à exclure. Les perspectives politiques sont loin d’être assurées pour l’ancien challenger, qui est maintenant devenu calife à la place du calife.
Au niveau politique toujours, un quotidien s’interroge sur le premier cercle de Président de la HAT : à part sa femme et sa famille, le leader de la HAT semble n’avoir aucun appui indéfectible, comme l’a encore symboliquement démontré la diatribe de l’ancien président Zafy Albert, qui à défaut d’être crédible, jete un pavé dans la mare de la HAT en mettant au grand jour le malaise qui commence à s’installer dans cette Haute Autorité de la Trahison, où, comme de coutume, chaque acteur souhaite tirer la couverture vers soi. Citons également les bisbilles de son super ministre des NTIC, M. Augustin Andriamananoro, qui semble davantage empressé de mettre des bâtons dans les roues de la société Orange plutôt que de sortir Madagascar de son enclavement numérique. Ou encore les « prouesses » de son super argentier des finances, M. Benja Razafimahaleo, dont les compétences à ce poste semblent de plus en plus remises en cause pour ne citer que l’imbroglio « Galana » mêlant allègrement intérêts personnels (familial) avec abus de position et pouvoir politique. Un mélange des genres qui avait d’ailleurs servit de cheval de bataille sur le 13 Mai, à l’encontre du Président déchu, Marc Ravalomanana. Même cas de figure au niveau du ministre de la population, Nadine Ramaroson qui semble surtout empressée de protéger les intérêts familiaux par le biais d’un protectionnisme déplacé à l’heure de la mondialisation, au risque d’ailleurs de se prendre … un savon de la part de son patron. On passera enfin sur les velléités présidentielles de son Premier ministre, Monja Roindefo, l’homme aux 40 voix en 2006 et actuellement en « tournée de promotion » dans le Grand Sud. Situation également confuse au niveau d’Antananarivo, le bastion incontournable de quiconque veut gagner la magistrature suprême : le mic-mac à la mairie d’Antananarivo, avec le vrai-faux empêchement de Michelle Ratsivalaka, qu’Andry Rajoelina avait lui même nommé lorsqu’il s’est proclamé Président de la HAT. L’incompétence ou non de Michelle Ratsivalaka à la tête de la « Ville des mille ordures » pourra être discutée longtemps, ce qui semble certain est que la contestation s’est bel et bien s’installée dans les rangs de la HAT. Désordre dans les ministères, désordre dans tous les organismes de l’Etat, où, pour ne rien arranger, toutes les entités adoptent désormais l’appellation de « transition ». Président de la transition, ministre de la transition, mairie de la transition, Conseil municipal de la transition. Bientôt également les fokontany de transition ?
Désordre également à venir au sein de la population: outre les promesses populistes, démagogiques et surtout non tenues concernant la baisse des PPN, deux autres bombes à retardement, non terroristes mais plutôt sociales semblent également sur le point d’exploser : l’assèchement des finances publiques entraîne de facto l’arrêt des subventions aux coopératives de transport, subventions qui étaient destinées à maintenir les prix des transports publics (taxi-be) dans la limite de 300Ar ( 1500 fmg ). Avec la fin de ces subventions, les coopératives parlent maintenant soit d’arrêter leurs activités, soit de réactualiser leur tarif, pour porter celui-ci à 700Ar (3500fmg). Explosion sociale assurée en vue car la majorité des usagers avaient déjà du mal avec les 300Ar donc on imagine le scénario avec 700. Dernier point et non des moindres: l’assèchement des devises et le ralentissement de l’économie provoquent de facto la révision à la baisse des importations malgaches. La menace se profilant à l’horizon est d’origine alimentaire : la population semble ne pas encore en être consciente mais dans les faits, pour assurer l’alimentation de tout le monde, Madagascar est obligé tous les ans d’importer 300 000 tonnes de riz. Pénurie et autre crise en vue, avec d’ailleurs la période de soudure qui va arriver. Beaucoup de problèmes à gérer pour l’ancien PDG D’Injet qui a préféré pour le moment se changer les idées en allant faire une escapade amoureuse avec madame à l’Ile Maurice. Les jours et les semaines à venir risquent de nouveau d’être assez tumultueuses.















