Politique
Madagascar : Magro, Tuléar, la pression monte
Comme nous l’avions pressenti, Monja Roindefo s’accroche fermement à son seza de Premier ministre. Les premières attaques se font sous 2 angles : la première approche consiste en la remise en cause directe de Andry Rajoelina en sa qualité de Président de la transition puisque cette désignation n’a pas encore été ratifiée par les chefs de file des 4 mouvances. Sa nomination serait donc encore dans l’expectative et en ce sens, les défenseurs de Monja Roindefo devant le Conseil d’Etat mettent en avant l’incompétence de facto du sieur Rajoelina dans l’acte de nomination d’Eugène Mangalaza en qualité de Premier ministre de la transition. La deuxième approche, directement sur le terrain cette fois, est la tension qui monte à Tuléar, fief de Monja Roindefo. Un meeting tenu par les partisans du locataire de Mahazoarivo a été tenu sur la « Place de la démocratie » à Tuléar 1, et ce en l’absence de toute autorisation délivrée par le chef de district de Tuléar. Une intervention téléphonique de Monja Roindefo sur place a confirmé sa décision de rester Premier ministre tant que les chefs de file n’auront pas signé la proposition d’accord du Carlton, signatures qui, à l’allure où vont les choses, sont encore loin d’être à l’ordre du jour. Magro, Tuléar, les observateurs noteront que le modus operandi reste le même: meeting puis intervention téléphonique en direct. Les meneurs du mouvement de Tuléar de poursuivre : « Une réunion d’urgence se tiendra pour déterminer les stratégies à prendre face à la nouvelle donne politique » . La situation politique est donc loin d’être réglée à Madagascar, n’en déplaise au satisfecit un peu trop précipité de Tiebilé Dramé le 06 Octobre dernier sur la résolution de la crise malgache. D’un côté nous avons un chef de file, en la personne de Marc Ravalomanana, épidermique quand au maintien de Andry Rajoelina, un « putschiste » selon l’ancien chef de l’Etat, à la tête de la transition et de l’autre, les velléités de maintien d’un Monja Roindefo à tout prix à son poste de Premier ministre, longtemps considéré comme source de blocage des accords de Maputo 2. Deux personnalités, deux combats qui, dans la logique très malgache des alliances contre nature, ne peuvent amener qu’à un rapprochement, un rapprochement d’ailleurs amorcé en douce par un certain « tonton » Ambroise Ravonison via un petit mail envoyé au futur ex Premier ministre : «J’ai conseillé Monja Roindefo d’appliquer la charte de Maputo I s’il se sent toujours être Premier ministre. ». Enfin, et toujours à propos des accords de Maputo 2, le trop rapide et volubile Tiebilé Dramé de conclure : « Le schéma de Maputo est en marche. La signature a déjà eu lieu à Maputo le 09 Août 2009 dernier ».















