Politique

Cela fait la deuxième fois que Didier Ratsiraka écope d’un exil

Publié le Mercredi 16 décembre 2009 à 16:10
Pas de chance pour Didier Ratsiraka

Pas de chance pour Didier Ratsiraka

Déclarations du Bureau politique de la Mouvance Didier Ratsiraka à Madagascar : « Cela fait la deuxième fois que Didier Ratsiraka écope d’un exil. La première fois sous Marc Ravalomanana, maintenant avec Andry Rajoelina. Y a t il des responsables dans ce pays ? Y a t il des raiamandreny dans ce pays ? Tout ceci est inacceptable. Ceci étant, monsieur Marc Ravalomanana sait maintenant ce que exilé veut dire et nous espérons qu’il en prendra de la graine ».

Commentaires

7 commentaires sur Cela fait la deuxième fois que Didier Ratsiraka écope d’un exil

  1. flindomin le mer, 16th déc 2009 16:26
  2. Questions à poser au « deux fois exilé » et à sa clique de bureau politique : qu’est-ce qui lui a valu son exil en 2002? qui est la source de tous ces problèmes ayant mis le pays dans sa situation inextricable et de misères actuelle? Quel est à chaque fois le coût de la reconstruction occasionnée par ses « bêtises »? Et enfin : qui est le vrai problème de ce pays?

  3. Verohanitra le mer, 16th déc 2009 17:10
  4. A mon humble avis, M. Ratsiraka n’est pas exilé. Il réside en France et a le droit de rentrer à tout moment dans son pays d’accueil avec lequel il se trouve en excellents termes.
    Seule sa mouvance supporte les conséquences de la mauvaise foi de la HAT et si M. Ratsiraka a quelques accointances avec la France, qu’il lui dise d’intervenir auprès du PT pour faire rentrer librement les exilés au pays. Ce n’est pas le PT qui doit faire la pluie et le beau temps à Madagascar.
    Quand au Président Ravalomanana, je crois qu’il est plus libre de ses mouvements et de tous ses agissements en faveur de Madagascar là où il est qu’en rentrant ici où le PT l’attend de « pied ferme » selon les propres termes de ses sbires.

  5. elisa le mer, 16th déc 2009 19:40
  6. Il y a des crises d’ado… et les crises d’andro ? :)

  7. ranarivelo le jeu, 17th déc 2009 16:17
  8. Tena mampalahelo mihitsy ny toe-tsainan-tsika gasy:
    Franchement, nous sommes vraiment tristes. Personne ne veut lâcher le morceau.
    Du retard, du retard et du retard. Au fait du retard dans tous les domaines.
    En commençant par la mentalité, donc, qui engendre l’écoute mutuelle, et ainsi la Démocratie. Je ne crois même pas qu’ils savent ce qu’est « Démocratie ». A qui on va accorder notre confiance maintenant? Aux militaires (qui sont avec Andry en ce moment)? A Ra8? A Ratsiraka? A Zafy? et bien d’autres encore…?
    Hum! J’ai peur, j’ai peur pour Madagascar et surtout le peuple malgache.

  9. toli le jeu, 17th déc 2009 20:27
  10. Madagascar – Ratsiraka et la France : petits secrets de famille

    La scène, à laquelle un haut gradé de la Royale a assisté, rappelle celle qui fit basculer le destin de la France et de l’Algérie*. Fraîchement nommé ministre des Affaires étrangères du gouvernement militaire dirigé par le général Ramanantsoa, Didier Ratsiraka rencontre, en 1972 à Paris, le ministre gaulliste Billecoq.
    L’entrevue est orageuse : “Nous ne voulons plus de vos accords colonialistes !”, assène le fougueux capitaine de frégate, ancien de Navale. “Quoi, vous me traitez de colonialiste ?”, explose le ministre de la Coopération. Les deux hommes en viendront aux mains avant d’être séparés par l’amiral Lafaye, ancien professeur du Malgache et très lié avec le 2e Bureau.
    C’est le même Ratsiraka qui, toujours provocateur mais plus diplomate, viendra proclamer son amour de la langue française, en février 1986, lors du 1er sommet de la Francophonie à Versailles. L’anecdote est racontée par Alain Decaux, maître de cérémonie. “Madagascar ne tombera dans aucun piège, que celui-ci fût néo-colonialiste ou néo-capitaliste !”, a attaqué le président malgache. L’assistance demeura muette, figée, glacée (…) Il se tut un instant puis reprit : “Dans ce cas, messieurs, vous vous demandez peut-être pourquoi je suis ici.” (…) Un silence, encore. Et cette explication qui éclata en fanfare dans le palais de Louis XIV : “Je suis ici pour l’amour de la langue française.” La relation entre la France et Didier Ratsiraka tient presque tout entière entre ces deux anecdotes. Une relation d’amour/haine intense que les soubresauts de l’Histoire des deux pays ont souvent attisé. Chaque tournant de sa vie en atteste.

  11. toli le jeu, 17th déc 2009 20:27
  12. “LES ARMES SONT LES PLUS FORTES”

    Né en 1936 à Vatomandry, dans la région de Tamatave, le futur “Amiral rouge” garde encore aujourd’hui pieusement à l’esprit une image de son enfance : celle d’un père petit fonctionnaire de l’administration coloniale, pauvre mais courageux. Source de fierté pour ses deux fils et leur mère Marceline, Albert – qui a séjourné en métropole – lit et écrit le français. Didier, très jeune, étudie avec son frère aîné, Étienne.
    La famille Ratsiraka habite à Moramanga. On est en 1947. L’insurrection s’est déclarée le 29 mars, la répression des tirailleurs “sénégalais” – en fait des Africains de plusieurs pays réunis dans ce corps d’armée – est aveugle au point d’incendier la maison du fidèle serviteur de la colonie. Didier assiste à l’incendie, se contenant pour ne pas pleurer et ajouter au chagrin de sa mère. Sur le chemin de l’exode, les Ratsiraka rencontrent une autre troupe de tirailleurs. Albert croit pouvoir s’expliquer, mais les soldats le séparent brutalement de sa famille et le mettent en joue. Un détachement – des “gardes indigènes malgaches” – arrivent opportunément : “Si vous voulez les fusiller, fusillez-nous d’abord”, lance leur chef. Les tirailleurs hésitent puis abandonnent. Selon Ratsiraka, c’est de cet épisode que date sa vocation d’officier, “parce que les armes sont les plus fortes”.
    Les Ratsiraka habiteront quelque temps dans le bureau du père, à Moramanga, avant de partir rapidement pour Ambatondrazaka. Selon plusieurs sources – difficilement vérifiables sans enquête sur le terrain -, c’est dans cette localité des hauts plateaux qu’Albert Ratsiraka aurait collaboré à la répression de l’insurrection aux côtés des Français. Il y aurait gagné un surnom : le Boucher de Moramanga. Un témoignage datant des années 70, précise que Didier Ratsiraka aurait un jour déclaré : “Ma vie n’aura de sens que si j’arrive à éliminer les Merina. En 1947, mon père a eu le tort d’en découdre d’une manière trop directe.”
    Le calme revenu, en 1949, la famille rejoint Tamatave. Didier a 13 ans et rentre chez les jésuites de Saint-Joseph. Il aime le football, s’y débrouille plutôt bien, mais obtient aussi, dès l’année suivante, son premier prix d’excellence. Ce qui n’ira pas sans commentaires de quelques Français : “Quoi, ce Gache prix d’excellence ?” Ainsi vivait la colonie…
    En 1951, le petit Ratsiraka “monte” Tananarive pour y subir une autre humiliation. Ses résultats brillants méritaient de lui ouvrir les portes du prestigieux lycée Gallieni, mais ce dernier est réservé aux Français; il ira donc à Saint-Michel, “mixte”. Il n’y achèvera pas sa scolarité : en accord avec son père, il décide de tenter la grande aventure au-delà des mers. Dans son cœur règne toujours un double sentiment : la fascination pour la France et le ressentiment envers ces Français qui l’ont humilié et qu’il a envie de défier sur le terrain du savoir.

  13. toli le jeu, 17th déc 2009 20:28
  14. LE MENSONGE SUD-AFRICAIN

    Février 1955, débarquement à Marseille, direction l’Ile-de-France. Son bac obtenu brillamment au lycée Montgeron (Essonne), Didier Ratsiraka est prêt, à 19 ans, pour la conquête de la capitale. Ce sera Henri-IV, l’un des plus prestigieux établissements de France, où il enchaîne maths élem, maths sup et maths spé. Dans le milieu estudiantin, le matheux prend goût à la dialectique marxiste et adhère à l’Union des étudiants de France, proche du PCF.
    En 1958, De Gaulle promet son indépendance à la Grande Ile lors d’un voyage dans l’océan Indien. En 1959, Tsiranana est élu président. Ratsiraka admire ce “petit Côtier” d’extraction modeste (c’est un ancien gardien de zébus) qui a su se hisser à la tête de l’État. Cette admiration ne durera guère…
    En 1960, l’année où Madagascar devient indépendante, le petit garçon humilié du lycée Saint-Michel intègre Navale. En même temps que son compatriote Guy Sibon, qui deviendra son fidèle compagnon de route avant de devenir très populaire et de mourir dans un mystérieux accident d’avion. Après deux ans d’études, Ratsiraka embarque à bord de la “Jeanne-d’Arc” qui quitte Brest pour un tour du monde : Panama, Hong Kong, Pearl Harbour. Par des bruits de couloir, il apprend qu’il serait sorti Major de l’école, mais déclassé parce que Malgache. Humiliation, encore. Il est le seul Noir à bord… Ici prend place la légende de l’“Amiral”, du moins celle que Ratsiraka a propagée (1).
    Quelques années plus tard, devenu président, il laissera entendre à Paris qu’à l’occasion de l’escale du Cap, il aurait souffert du racisme en vigueur sous l’apartheid. Sous-entendu : la France a laissé humilier un de ses officiers… Georges Pompidou fera discrètement vérifier l’information. Réponse de l’amiral Lanxade : “Cet homme ment. La Jeanne n’a jamais fait escale en Afrique du Sud lors de ce tour du monde.” Ratsiraka mythomane…
    1963. L’enseigne de vaisseau de 1ère classe est de retour sur la terre des ancêtres. Mais il est en désaccord avec la politique de son pays. Trop française, trop sioniste, trop proche aussi de l’Afrique du Sud. Dans sa tête s’agitent des rêves de Madagascar vivant “libre et debout”. En décembre, il épouse Céline Velonjara et lui donne rapidement un enfant.
    Le début des années 60 coïncide avec les grandes heures de la Royale à Diégo. Ratsiraka rejoint son bâtiment, le “Malaïka”. Selon d’anciens officiers de marine, être sous les ordres d’un Français lui répugnant profondément, il intrigua pour prendre le commandement du “Tanamasoandro”, bâtiment qu’il perdit à la suite de fausses manœuvres.
    Sur les conseils du colonel français Bocchino – conseiller du président Tsiranana – et d’officiers de l’Amirauté, il fut alors “sanctionné” par un exil parisien en tant qu’attaché militaire avec passage possible par l’École de guerre. En sortant du bureau du général Ramanantsoa – alors chef d’état-major et futur chef de l’État – qui lui avait signifié cette “punition”, Ratsiraka aurait confié à des officiers français : “Vous voyez, un Merina me sanctionne parce que je suis Côtier. Tsiranana n’a pas osé affronter Ramanantsoa, c’est un traître à la cause des Côtiers.” Il repart pour Paris.





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