Élections = fin de la crise ? Pas nécessairement

18/12/2009
Publié dans Politique 
Une élection bâclée amenera plus de problèmes qu'elle n'en résoudra

Une élection bâclée amenera plus de problèmes qu'elle n'en résoudra

Une élection, ou les élections ont souvent été galvaudées comme étant la solution pour une sortie de crise à Madagascar. Cette assertion relève de la théorie car dans la pratique, une solution présentée comme étant la « panacée » s’avère souvent source de problème supplémentaire à Madagascar. Une élection ça se prépare d’abord. Il faut des moyens financiers, de l’ordre de 30 milliards d’ariary selon la vice Premier ministre, Cécile Manorohanta. Il faut ensuite remettre à plat les listes électorales. Il s’avère également nécessaire de réviser le code électoral car Madagascar se trouve actuellement dans une situation extra-Constitutionnelle et il est donc impératif d’adapter un code qui soit conforme à cette situation. Toujours dans cette phase préparatoire, comment vont se dérouler les différentes propagandes ? Les dépenses de campagne seront-elles plafonnées ou bien est-ce que tout le monde pourra acheter les voix des électeurs malgaches analphabètes à coup de sacs de riz et de sacrifices bovins réalisés à bon escient ? Et l’accès aux media nationaux (TVM, RNM) sera-t-il vraiment « libéralisé » ou est-ce encore là une énième pétition de bonnes intentions ? N’oublions pas l’extrémisme forcené de certains caciques du pouvoir à l’encontre de toute forme d’opposition, sans parler de la peur (justifiée) des journalistes de ces mêmes media nationaux quand à « couvrir » les événements de cette même opposition. A cet effet, où en est-on de l’arlésienne Code de la communication, souvent évoqué mais jamais réalisé ? Tiens, il est prévu en Mars 2010 justement, quelle heureuse coincidence. Nous parlons des menaces qui planent sur les media nationaux mais on peut également parler de menaces physiques et verbales, dont certains PDS ne se privent pas de proférer d’une manière éhontée, sans même se cacher. Et il suffit d’imaginer le concept étendu au reste du territoire. Quand à l’élection en elle-même, quid de son déroulement ? On nous parle du CENI, cette commission électorale donnée pour indépendante mais dans les faits, sera-t-elle effectivement indépendante dans un pays où la pauvreté fait que tout s’achète, tout le monde a un prix? Un membre de cette commission, avec son solde de quelques euros par mois, saura-t-il être incorruptible quand on lui proposera de régler les « écolages » de ses enfants à coup de milliards d’ariary ? Et enfin, quid du résultat de l’élection? Comme tout bon pays africain qui se respecte, Madagascar est un grand habitué des contestations des résultats a peine sortis des urnes, voire même avant la sortie des urnes. A tort ou à raison, les contestations et les dénonciations de fraudes seront autant de prétextes pour attiser de nouveau les charbons ardents de la crise et remettre une nouvelle fois le feu à la cocotte-minute, avec par exemple le scénario bien rôdé de la confrontation de PV. Et ce ne seront pas les cyclones, le 20 Mars, qui arriveront à éteindre le feu, bien au contraire. Et même, dans le cas hypothétique et miraculeux où nous aurons toutes les conditions pour une élection « libre » et « transparente », que se passerait-il si d’aventure les 3 mouvances, que l’on imagine déjà alliés sous forme de coalition, raflent la majorité des sièges de cette Assemblée dite « Constituante » ? Un scénario loin d’être hypothétique, il suffit de voir le sondage tananews en cours. Le Président de la Transition Andry Rajoelina, à maintes reprises a déclaré : « La cohabitation est difficile, impossible ». Beaucoup d’éléments qui nous amènent donc à déclarer que les élections ne signifient pas forcément une voie de sortie de la crise actuelle.

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Commentaires

4 commentaires sur Élections = fin de la crise ? Pas nécessairement

  1. Mika le ven, 18th déc 2009 16:06
  2. Soyons honnête, je n’apprendrai rien à personne si je dis que tant que ce monsieur est là, rien ne sera jamais fini.

    il reste là, des opposants il y aura!! on l’enlève de là, ses partisans (bien armés) séviront

    Election ou pas élection, il y aura encore des milliers de morts pour qu’enfin ca s’arrête, hélas.

  3. Verohanitra le dim, 20th déc 2009 17:39
  4. Confier l’organisation des élections présidentielles à une autorité de fait dont les exactions à ce jour ne sont plus à démontrer. Non merci, très peu pour moi. Je ne veux pas confier à des gens malhonnêtes, sans scrupule qui a mis Madagascar dans une situation plus bas que terre, le destin de mon pays. Que je me rende aux urnes ou pas, cela ne changera rien du tout, les jeux seront déjà faits et les dés pipés à l’avance : c’est eux qui gagneront à coup sûr. La seule chose qui reste à faire c’est résister jusqu’au bout, faire tout ce qui est en notre pouvoir, pour refuser ce régime honni et ne pas accepter d’être manipulés comme des imbéciles

  5. aina le dim, 20th déc 2009 17:51
  6. j’ajouterai que c’est bafouer les droits du peuple malgache que de permettre à un homme non issu du processus électoral tel que Rajoelina d’organiser des élections. Sur la base de quelle Constitution ?
    Et quant à tous ceux qui contesteraient la légitimité de ce scrutin (c’est leur droit!), quel sort leur réservera la HAT ? la prison ?

  7. Ralisy le lun, 21st déc 2009 17:38
  8. L’élection des députés du 20 mars 2010 n’a aucun sens. (Donc le vote « législatives du 20 mars 2010″ que tananews émet ici n’a aucune signification)
    rajoelina est un fou furieux. Et pire encore, il considère que nous, peuple malagasy, sommes tous des fous comme lui.
    Révoltons-nous, c’est le moment où jamais.





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