Politique

Un embrasement ethnique très probable

Publié le Mercredi 16 décembre 2009 à 15:57
Mahajanga met en garde la HAT

Mahajanga met en garde la HAT

Les « Zanaky i Mahajanga » (les enfants de Majunga) ne réclament pas seulement le retour des natifs de cette région comme Azaly Ben Marofo, exilés en Afrique du Sud, ils mettent également très sérieusement en garde la HAT et son Président, Andry Rajoelina. Des manifestations à grande échelle sur le territoire national seraient également en cours de préparations. Les responsables de la HAT semblent ne pas voir (ou ne veulent pas voir) l’escalade que leur décision d’exiler les 3 mouvances est en train de provoquer

Commentaires

6 commentaires sur Un embrasement ethnique très probable

  1. Verohanitra le mer, 16th déc 2009 16:59
  2. Comme je vous comprends chers compatriotes. Ce n’est nullement agréable de voir l’attitude inconséquente de la HAT de faire exiler sans motifs ni raisons valables, des patriotes qui n’ont fait que leur devoir : trouver une solution à la crise actuelle.
    N’oubliez pas toutefois que la HAT n’est pas Madagascar et que Andry Rajoelina ne représente pas l’ethnie Merina. Evitons tout affrontement ethnique et ne mélangeons pas les torchons et les serviettes ! C’est le moment plus que jamais de nous montrer solidaires les uns des autres pour évincer ce régime totalitaire, inhumain, sans état d’âme qui agit sans aucun discernement.
    Des affrontements ethniques ne ferot qu’apporter de l’eau dans les moulins de ceux qui veulent appliquer le mot d’ordre : « diviser pour régner ». Ne tombons pas dans leur piège.

  3. elisa le mer, 16th déc 2009 19:33
  4. Attention ! Tout cela n’a que trop durer… la patience malgache, Dieu sait qu’elle est grande, n’a pas été respectée. Vous l’aurez cherché, vous les trouverez.

  5. Alidera A.R. le jeu, 17th déc 2009 18:03
  6. Au moins une chose est claire, nation/unité nationale/peuple ou quelque soit son nom n’existe pas à Madagascar…
    Cela met aussi de plus en plus en évidence et au grand jour notre sens du JUSTE et de la JUSTICE…
    Ainsi, parce qu’il s’agit d’Azaly Ben Marofo que les majungais sortent leurs MESA!!! pour les autres, ils ne sont pas concernés…

    Et, nous osons utiliser la dénomination « République »…

  7. toli le jeu, 17th déc 2009 20:29
  8. 1896/2002 :LA VISION DE LA FRANCE N’A PAS CHANGÉ

    La vision de la France sur Madagascar n’a quasiment pas évolué depuis Gallieni : il y a d’un côté les Merina des hauts plateaux, fourbes et arrogants qu’il faut mater et rabaisser, et de l’autre les Côtiers, exploités et humiliés qu’il faut défendre et promouvoir. Ce manichéisme n’est pas innocent : il a été forgé à dessein pour servir la colonie dans le passé, des intérêts stratégiques, politiques et financiers aujourd’hui.

    Trois extraits en préambule :
    - “Je m’appuie pour diriger sur la politique des races.” (Général Gallieni, Madagascar, 1896) (1)
    - “Ainsi donc, dès 1896, s’établit à Madagascar un antagonisme entre les Hova nobles des plateaux d’une part et, d’autre part, leurs esclaves et les populations côtières. Pour les Hova, l’occupation française fut une dépossession – ils disent même aujourd’hui une spoliation; pour les populations côtières, ce fut une libération (…). Les Hova sont d’origine malayo-polynésienne, leur tempérament est asiatique, leur nature très fermée, leurs intentions toujours secrètes. Ils ont le goût de l’intrigue, du complot, de la conjuration, des groupements occultes, des sociétés secrètes. Toutes leurs belles facultés d’intelligence (…), ils veulent les mettre au service de leur rancune contre nous. En apparence, ils se résignent à l’occupation étrangère, mais leurs sentiments haineux ne désarment pas.”
    (Marcel de Coppet, Haut commissaire français à Madagascar, 1947)

    - “Comment expliquer cette attitude d’un pays à destination duquel nous consentons un effort de coopération aussi substantiel ? Il faut savoir que la France, si elle dispose d’un capital de confiance et d’amitié incontestables, suscite aussi des sentiments de rejet chez toute une frange de la population : la bourgeoisie merina, qui a eu le sentiment d’avoir été dépossédée de ses pouvoirs par le colonisateur au profit des populations côtières, tient souvent un discours anti-français qui est relayé dans la presse nationale.”
    (Charles-Gérard Marcus, député français, 1994) (2)
    Le moins que l’on puisse dire, c’est que la vision de la France depuis la conquête de la Grande Ile n’a guère évolué en plus d’un siècle ! Il y aurait donc d’un côté les Merina autrefois dominateurs et toujours assoiffés de puissance, de l’autre les Côtiers exploités qu’il a fallu et faut toujours absolument protéger.
    Cette vision simpliste – qui est toujours d’actualité en 2002 dans les cercles du pouvoir et de la diplomatie français – est proprement affligeante. Didier Ratsiraka ne l’ignore pas et en joue grossièrement. La réalité est beaucoup plus complexe. Sans entrer dans le détail – il y faudrait une grande bibliothèque -, on peut toutefois tenter éclaircir certains points.

    - Existe-t-il aujourd’hui un antagonisme entre Merina et Côtiers ?
    - Si l’on entend par là “tous les Merina” contre “tous les Côtiers”, la réponse est non. En revanche, beaucoup des deux côtés ne s’aiment guère et se critiquent souvent. Cette animosité remonte aux débuts de la royauté merina, lorsque le souverain Andrianampoinemerina décida d’unifier l’île par la force. Il échoua, mais les peuples (vaincus ou non) n’oublièrent pas cette volonté hégémonique. La politique de la France coloniale fut d’attiser ce ressentiment, selon le dogme alors en cours dans les possessions africaines : diviser pour mieux régner (1).
    Plus de quarante ans après l’indépendance, difficile de nier que des effets néfastes demeurent. Certains – dont des hommes politiques de premier plan et des universitaires réputés – ont adopté sur cette question des positions extrémistes. Chez les Merina, il existe des adeptes d’une théorie raciale proche de l’apartheid sud-africain, dont la prose confine au nazisme : “Si vous avez honte d’assumer votre négritude, ayez au moins la correction de ne pas essayer de nous l’imposer sournoisement. Rabattez-vous plutôt sur les produits cosmétiques ou finissez-en en vous jetant sous un train !” (3)
    De l’autre bord, certains se distinguent aussi. “Tsiranana sDe l’autre bord, certains se distinguent aussi. “Tsiranana serait resté au pouvoir en 1972 s’il en avait tué 1 000 ou 2 000. Il était trop faible, c’était un complice des Merina. Moi, s’il le faut, j’en tuerai plus… Tuez m’en au minimum
    10 000 ou 20 000.” (4)

    - Qu’est-ce qu’un Merina, qu’est-ce qu’un Côtier ?
    - Les Merina ne sont pas un groupe homogène. Il y a les Merina fotsy (“blanc”), les Merina “mainty” (“noir”) et les Andevo. Au temps de la royauté, les premiers représentaient la caste noble, les deuxièmes la roture libre et les troisièmes les “esclaves” (le terme est trop fort car s’ils étaient vendables et corvéables, ils n’étaient en général pas maltraités).
    Ces différences ont-elles disparu dans les faits et dans les esprits ? On ne peut l’affirmer. Les mariages mixtes ne sont pas légion… Même si les mentalités évoluent et que la situation économique – qui fait que quelqu’un qui n’a rien préfère être au service d’une famille qui n’a pas grand-chose contre l’assurance d’un toit et de nourriture – ne doit pas être oubliée.
    Lorsque les Côtiers parlent des “Ambaniandro”, ils englobent les Merina et les Betsileo, autre population des hauts plateaux (région de Fianarantsoa). On peut certes parler d’ethnies “cousines”, mais elles demeurent tout de même différentes.
    Concernant les Côtiers : tout d’abord, le terme n’a pas été inventé par les Malgaches mais par la colonisation française. Ce mot très approximatif – forgé à dessein pour bâtir une vision simpliste de Madagascar à l’usage de la lointaine métropole – ne signifie donc pas “qui habite sur la côte”, mais bien plutôt “qui n’habite pas sur les hauts plateaux”. Les Côtiers qui n’ont jamais vu la mer sont légion !D’autre part, ils ne s’agit pas non plus d’un groupe homogène : seul le terme “côtier” rassemble les Tsimihety, Sakalava, Antandroy, etc. Les affrontements récents à Tamatave entre les Betsimisaraka (“locaux”) et les populations du Sud-est (“immigrés”) – un exemple parmi beaucoup d’autres – sont loin de plaider pour une “union sacrée côtière” qui n’a jamais existé.

    - Quid de la guerre ethnique ?
    Qui dit guerre dit rapport de force : si les Côtiers sont plus nombreux que les ethnies merina et betsileo, ces dernières, même prises individuellement, sont plus peuplées que chacune des ethnies côtières (sauf peut-être les Betsimisaraka – région de Tamatave)… Les alliances à nouer – surtout chez les Côtiers – pour faire s’affronter deux camps homogènes sont aujourd’hui inimaginables.
    Il faut en outre relever que la grave crise actuelle n’a pas déclenché de pogroms anti-Côtiers dans l’Imerina : dans la province de Tana vivent plus de deux millions de Merina et environ
    300 000 Côtiers. Un génocide se déroulant généralement du plus fort au plus faible et du plus au moins nombreux, si telle avait dû être la réaction merina, le génocide aurait déjà eu lieu. Un tel événement aurait probablement pour effet immédiat d’unir les Côtiers…
    Dans les provinces, surtout à Diégo et Tamatave, les pro-Ratsiraka aiguillonnés par les discours haineux de leur leader ont proféré des menaces à l’encontre des Merina. A vrai dire, crise ou pas, cela ne change guère…
    Par peur et par prudence, beaucoup de ces derniers sont remontés sur les hauts plateaux. Mais là encore, jusqu’à preuve du contraire, on ne peut parler que de crimes et d’exactions isolées. Certainement pas d’extermination de masse. Déclencher une guerre totale sur une base “ethnique” à Madagascar est difficile aujourd’hui à envisager : les tenants d’un conflit de cet ordre vont devoir se donner de la peine pour atteindre leur but.

    - (1) A rapprocher de la phrase de Lyautey (envoyé par Gallieni, au début du XXe siècle, “pacifier” le Sud malgache) concernant le Maroc : “S’il y a des mœurs et des coutumes à respecter, il y a aussi des haines et des rivalités qu’il faut démêler et utiliser à notre profit, en opposant les unes aux autres, en nous appuyant sur les unes pour mieux vaincre les autres.”
    - (2) En 1994, lors de son séjour à Madagascar, le député Marcus avait attiré l’attention de Jacques Sylla, alors ministre des Affaires étrangères du président Zafy Albert, sur le fait que Madagascar “n’ait pas un mot pour soutenir l’intervention française au Rwanda”. Le ministre avait fermement répliqué que le silence de son pays s’expliquait par des “interrogations” sur les objectifs de l’opération.

    - (3) Ratefy (surnom d’un “ethnonationaliste” merina) – 1997 Cf. Valin-kitsika, le livre du réveil merina.

    - (4) Didier Ratsiraka au chef d’état-major des armées malgaches Ismaël Mounibou, 2002 (plusieurs témoignages à Tananarive).

  9. bobo le jeu, 13th mai 2010 17:09
  10. c’est une bonne volonté de la part de Mr Andry Rajoelina!merci

  11. rondro le mer, 5th jan 2011 16:36
  12. guerre ethnique : non

    révolte régionale : oui ,

    et comment s’en étonner .

    Il y a « ras le bol » national ,
    mais les foyers de contestations ne se manifesteront pas forcément en même temps

    « A CHACUN MON TOUR  » EN ANARCHIE !
    Seule alternative : le retour à l’ETAT de droit ,
    le sens de la République est perdu de vue depuis un bon bout de temps Alidera





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